Formation professionnelle : ce qui va changer

par Aliette Trocheris, le 14 Mar 2018

Le Parisien , Bérangère Lepetit, 05 mars 2018

Ce qui va changer pour la formation professionnelle./LP/Infographie

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a présenté, ce lundi, ses mesures en faveur de la formation. Les syndicats vivent mal d’être dessaisis de la gestion du système.
Elle avait promis un « big-bang ». La ministre du Travail Muriel Pénicaud a dévoilé, ce lundi, les grandes pistes du gouvernement pour réformer la formation professionnelle. Un chantier prioritaire dans la lutte contre le chômage sachant que le système était jusqu’à présent inégalitaire.

Seuls 36 % des actifs en France, et en grande majorité des cadres de grandes entreprises, ont ainsi bénéficié d’une formation professionnelle en 2016. Tour d’horizon des principaux axes d’une réforme vivement critiquée hier tant par les syndicats que par le Medef.

500 € par an pour les salariés
C’est l’un des grands changements censé apporter davantage de liberté aux salariés. Désormais, chacun disposera d’un compte personnel de formation (CPF) crédité non plus en heures, mais en euros, sur lequel sera versé 500 € par an. Au bout de dix ans, le CPF atteindra 5 000 €, son plafond. Pour les salariés non qualifiés, ce CPF sera crédité de 800 € par an, plafonné à 8 000 € afin de permettre, selon le gouvernement, de « changer rapidement de catégorie professionnelle ». Les salariés à mi-temps auront les mêmes droits que ceux à temps plein. Un leurre, selon les syndicats, notamment la CFE-CGC et la CGT qui redoutent une « marchandisation de la formation ».

Une application mobile pour choisir sa formation
« Chacun pourra choisir sa vie professionnelle », vante le gouvernement. Pour cela, une application mobile CPF (compte personnel de formation) va être créée afin de permettre à chacun, sur son téléphone portable, de connaître les droits acquis sur son compte, les formations proposées dans son bassin d’emploi, s’y inscrire et les payer sans faire appel à un intermédiaire. « Cette réforme fragilise encore le monde du travail en érigeant une individualisation totale des travailleurs, désormais seuls responsables de leur employabilité », raille de son côté la CGT.

La création d’une grande agence nationale : « France compétences »
Finies les trois instances qui existent actuellement (la FPSPP, le Cnefop, le Copanef). Place à la « simplification » chère au gouvernement Macron. Désormais, une seule et même agence baptisée France compétences sera en charge de labelliser les formations et d’encadrer les prix. Cette agence sera composée de trois collèges : Etat, partenaires sociaux, régions.

C’est un autre acteur public, les Urssaf (Unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales) qui s’occupera de la collecte de l’argent auprès des entreprises en lieu et place des Opca (Organismes paritaires collecteurs agréés) dont le nombre devrait être divisé par deux en France. « Cette réforme tue le paritarisme au niveau national ! », s’étrangle Jean-Michel Foucard, à la CFE-CGC tandis que le patron du Medef Pierre Gattaz regrettait lundi une « nationalisation » du système.

Les Opca deviennent des « opérateurs de compétences »
Ils étaient les acteurs clé de la formation professionnelle. Les Opca, structure associative à gestion paritaire vont voir leur mission évoluer pour devenir des « opérateurs de compétences ». Les 5 000 à 6 000 personnes qui y travaillent vont changer de métier et désormais s’occuper de financer les centres d’apprentis.

Un coup de pouce pour les petites entreprises
A l’heure actuelle, ce sont surtout les salariés des grandes entreprises qui bénéficient des formations. Demain, le gouvernement veut mettre en place un plan de formation financé par une contribution de l’ensemble des entreprises mais réservé aux TPE et PME (moins de 50 salariés). Un système de solidarité des grandes entreprises vers les petites qui devrait faciliter l’accès de tous les salariés à la formation.

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