En 2018, Safran va embaucher plus de 1 500 personnes

par Aliette Trocheris, le 29 Jan 2018

Le Parisien / 24 janvier 2018 / Daniel Rosenweg

Paco Maureur, ingénieur en aéronautique, a quitté Lyon pour intégrer les effectifs de Safran à Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne. LP/JEAN-BAPTISTE QUENTIN

Devenu l’un des leaders mondiaux des moteurs d’avion, le groupe recrute ouvriers et ingénieurs.

Toutes les deux minutes, dans le monde, un avion décolle équipé d’un moteur fabriqué par Safran. Depuis 2012 et le lancement du Leap, son moteur que s’arrachent les avionneurs, le groupe français aux 58 000 salariés (36 000 en France) embauche. « 1 587 offres d’emploi, rejoignez-nous » : ce chiffre, actualisé en permanence, s’affiche sur le site du groupe spécialiste du spatial, de la défense et de l’aéronautique. A ces 1 500 embauches, de l’ingénieur à l’ouvrier, s’ajouteront 3 000 postes de stagiaires et 3 000 postes en alternance dont 40 % sont embauchés après leur formation.

« Nous avons besoin de compenser les nombreux départs à la retraite prévus dans les cinq ans », explique Marie-Céline Adnani, responsable du recrutement des ingénieurs et cadres chez Safran, qui pointe l’évolution des profils recherchés. « Avant, on cherchait essentiellement des ingénieurs mécaniques ; aujourd’hui, on a besoin d’ingénieurs systèmes d’information, de développeurs, d’experts en data, d’ingénieurs logiciels. » Ces profils digitaux sont très recherchés. Safran propose également 700 à 1 000 postes d’ouvriers par an, notamment « des tourneurs, fraiseurs, ajusteurs, des techniciens méthode, des ouvriers en logistique et de maintenance industrielle », précise Marie-Céline Adnani.

Pour séduire les candidats, le groupe est présent sur les réseaux sociaux, dans les forums pour l’emploi, et il visite les grandes écoles… Le groupe n’a pas fini d’embaucher, surfant sur le succès de ses drones de défense et sur la croissance du transport aérien civil mondial. En 2016, pour pérenniser sa croissance, Safran a dépensé 1,7 Md€ en recherche et développement.

TÉMOIGNAGE. «C’est allé très vite»

En août dernier, Paco Maureur a quitté Lyon (Rhône) avec femmes et enfants pour intégrer les effectifs de Safran Aircraft Engines Villaroche, à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne). Cette filiale de Safran qui conçoit et fabrique des moteurs d’avion, installée sur un parc de 86 ha, emploie 5 000 personnes et prévoit d’augmenter son effectif de cent salariés en 2018. Pour ce docteur en physique de 29 ans, spécialisé en mécanique des fluides, il s’agit d’un premier poste dans le secteur privé. « C’est allé très vite : en février, je rédigeais encore ma thèse, et le 7 août j’intégrais le service avant-projets », se félicite le chercheur, qui reste discret sur son salaire. Dans ce service spécialisé en aérothermie, où l’on conçoit le moteur d’avion de demain sous le sceau de la confidentialité, Paco Maureur va pouvoir assouvir « sa passion pour la physique, née en classe de première ».

Décidé à tenter sa chance dans l’industrie, le jeune universitaire avait des exigences. « Je voulais être challengé, je cherchais un poste à l’écart des grandes villes, avec peu de transport, une entreprise assez grande pour pouvoir évoluer, y compris à l’étranger… » Le docteur en physique, qui redoutait « d’avoir une formation trop pointue », a d’abord déposé son dossier dans des forums pour l’emploi à l’université, sans succès. Il a ensuite cherché sur Internet des postes spécialisés. « J’ai eu trois propositions d’embauche, et j’ai choisi Safran pour son prestige, et parce que l’aéronautique m’a toujours attiré. » « Je pensais avoir du mal à trouver. Finalement non, mais autour de moi des gens rament. » Il pointe « le manque d’adéquation entre les formations dispensées par les facs et les besoins des entreprises, et le manque de passerelles entre les universités et les écoles d’ingénieurs ».

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